2 novembre 2026

Le Syndicat des employés de soutien de la Mauricie (SESM-CSQ) et la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) sonnent l’alarme devant plusieurs indicateurs préoccupants au Centre de services scolaire (CSS) de l’Énergie. Violence, augmentation marquée des arrêts de travail et difficulté à pourvoir certains postes composent un portrait qui exige des interventions concrètes.

Un membre du personnel de soutien sur deux touché par la violence

Les données disponibles font état de 179 gestes de violence en 2022-2023, dont 176 gestes de violence physique. En 2023-2024, 136 gestes ont été recensés, dont 134 gestes de violence physique. Cela représente une diminution de 24 % en un an, mais le nombre d’événements demeure considérable. Les élèves sont à l’origine de 176 des 179 gestes rapportés en 2022-2023 et de 135 des 136 gestes rapportés en 2023-2024.

Un sondage réalisé en 2026 auprès du personnel de soutien scolaire du CSS de l’Énergie vient renforcer ce constat : 55 % des répondantes et répondants affirment avoir subi de la violence dans le cadre de leur travail au cours de l’année scolaire 2025-2026. Près de la moitié, soit 48 %, déclarent avoir subi de la violence physique, tandis que 54 % ont vécu une forme de violence autre que physique. Plus préoccupant encore, 40 % considèrent que la violence est devenue une réalité normale ou habituelle dans le cadre de leur travail. Parmi les personnes ayant subi de la violence, 96 % identifient les élèves comme une source des incidents vécus.

« Quand plus d’une personne sur deux nous dit avoir subi de la violence au travail et que quatre sur dix en viennent à considérer cette violence comme normale ou habituelle, on ne peut surtout pas banaliser la situation. Recevoir des coups, se faire lancer des objets, se faire crier après ou menacer ne fait pas partie de la description de tâches du personnel de soutien scolaire. Il faut agir sur la prévention, augmenter les ressources disponibles et s’assurer que chaque incident soit pris au sérieux », affirme Nancy Ricard, présidente du SESM-CSQ.

Des absences qui témoignent d’un milieu sous pression

Le portrait des arrêts de travail est tout aussi préoccupant. Entre 2020-2021 et 2024-2025. Le nombre de personnes ayant pris un congé lié à la CNESST est passé de 24 à 31, tandis que le nombre de jours associés est passé de 636 à 1 087, une augmentation d’environ 71 %.

Le nombre de personnes en congé de maladie est passé de 337 à 575, soit une hausse d’environ 71 %, alors que le nombre de jours d’absence a bondi de 852 à 2 218, une augmentation de 160 %. Le nombre de personnes absentes pour d’autres motifs est passé de 386 à 578, et le nombre de jours correspondants, de 881 à 1 363. Les invalidités liées à l’assurance salaire ont touché 131 personnes en 2024-2025, comparativement à 80 en 2020-2021. Le nombre de jours d’invalidité est passé de 5 548 à 7 697 pendant cette période.

« Ces absences représentent plus que de simples statistiques. Elles révèlent une pression bien réelle sur les travailleuses et les travailleurs, mais aussi sur les équipes qui doivent maintenir les services avec moins de personnel. Lorsqu’une personne s’absente, la charge ne disparaît pas : elle est souvent transférée à des collègues déjà sollicités au maximum », souligne Mme Ricard.

Des postes toujours difficiles à pourvoir

Au 28 septembre 2026, le CSS de l’Énergie comptait 16 postes d’éducatrices et éducateurs en milieu scolaire à pourvoir sur un total de 270, soit 5,9 % des postes. Deux postes de techniciennes et techniciens en éducation spécialisée demeuraient également à pourvoir sur un total de 290.

Parallèlement, le nombre d’élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire est passé de 9 634 en 2020-2021 à 10 627 en 2025-2026, une augmentation globale d’environ 10 %. Le nombre d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage est pour sa part passé de 2 324 en 2021-2022 à 2 657 en 2025-2026, une hausse d’environ 14 %.

« Les besoins augmentent et se complexifient, mais les équipes ne disposent pas toujours de la stabilité nécessaire pour y répondre. Le personnel de soutien scolaire joue un rôle essentiel auprès des élèves, particulièrement auprès de ceux qui ont les plus grands besoins. Il faut cesser de gérer les pénuries à la pièce et offrir des emplois suffisamment attractifs, stables et valorisés pour retenir l’expertise dans le réseau scolaire », conclut Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ.